Magali Raynaud
Ecrivain

La Guerre des Dieux
1-Le Maître des Ombres
Extraits
   Connor est touché par une étrange maladie. Elle sait juste qu'il n'y a qu'un seul peuple capable de le soigner, sinon, il mourra bientôt dans d'atroces souffrances... 
   - Le peuple de Sorn... 
   - Ils vivent à Dryll, non ? Si je me souviens bien, c'est un groupe de magiciens. 
   - Une secte, corrigea Sanya. 
   - Ce n'est pas très loin, peut-être quatre jours, si nous allons vite ! Pourquoi es-tu si terrifiée ? 
   Sanya ne trouva pas la force de répondre et serra Connor contre elle. Il continuait de délirer, débitant des paroles sans queue ni tête. Même s'il avait les yeux ouverts, il ne semblait pas voir ses amis.  
   - Sanya, qu'est-ce qu'il y a ? Il faut vite partir pour Dryll. 
   - Jamais je ne remettrai les pieds chez le peuple de Sorn, Faran... 
   - Si nous ne le faisons pas, Connor mourra ! C'est la seule solution que nous ayons, Sanya. Toi et moi ne pouvons rien faire. Je peux le soulager, mais en aucun cas le soigner ! Si nous ne partons pas pour Dryll, Connor mourra ! Si tu ne viens pas, débrouille-toi, mais moi je l’amène là-bas. 
   Des larmes perlaient aux paupières de Sanya. Elle les chassa d'un battement de cils. 
   - Tu ne sais pas dans quoi tu t'embarques, Faran... Ce peuple est méprisable. 
   - Eux seuls peuvent soigner mon frère ! 
   - Et qui te dit qu'ils le feront ?
   Connor comprit alors pourquoi la bête avait terrorisé Il'ika. Elle ressemblait à un dragon sans ailes, de la taille d'un cheval. Deux larges cornes ornaient son crâne de reptile. De puissants muscles saillaient sous les écailles de la bête, et chaque mouvement les faisait rouler de façon inquiétante. Ses griffes, aussi longues et larges que des couteaux de bouchers glaçaient le sang de Connor. Ses crocs luisaient, tout aussi tranchants, et une queue hérissée d'épines fouettait bruyamment l'air. Le jeune homme ne sut pourquoi, mais ce n'était pas le physique de la créature qui lui imprégnait tant de terreur. Au contraire, elle était fière et majestueuse. Mais c'était son aura, qui incitait à une terreur sans nom ! C'était comme se retrouvait face à la mort en personne ! Comment cela était-il possible ? Il était terrorisé dès qu'il posait les yeux sur ce monstre, sans savoir pourquoi. 
Il fit un effort monumental pour détourner le regard de la bête. Connor en oublia presque sa présence quand il vit la femme. 
   Elle était couverte de sang. Sa robe, à l'origine sûrement très belle, n'était plus que haillon, et laissait voir son corps meurtri. La beauté de ses longs cheveux blond pâle contrastait avec son état. Si soyeux et rayonnant... Connor avait-il vu aussi belle chevelure ? Fière et droite, une dague dans chaque main, la femme incarnait la beauté, la grâce et la combativité. Elle avait une taille fine et une posture de reine. Trop loin pour mieux la distinguer, Connor comprit néanmoins qu'il ne pourrait jamais oublier cette vision. Elle l'attirait irrévocablement, faisant naître en lui une sensation qu'il n'avait jamais connue. Elle était plus belle qu'une déesse, et son aura la rendait encore plus fascinante. 
   Incapable de la lâcher du regard, époustouflé, il comprit cependant qu'elle était à bout de forces, et ne tarderait pas à succomber, malgré sa détermination. Le jeune homme ne pouvait la laisser affronter un pareil danger seule.  

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Mon texte multi-lignes